Écriture
Marie Delarue-Madrus
Portrait d’une artiste en quête d’identité
« Le manuscrit inachevé », préface de Michèle Sarde
« Je ne résiste pas au délice d’évoquer, d’après le récit de Madeleine Cottenet-Hage,
l’accueil rugueux fait par Colette, romancière bourguignonne, déjà à l’aise dans le
milieu parisien, à Lucie, timide poète normande, autrice d’un recueil, intitulé Ferveur.
La rougissante Lucie fit son entrée sous le regard et le ton acerbe de celle qu’on appelait encore Colette Willy, dans le beau monde de la capitale : « Qu’est-ce qu’il y a, Ferveur ? Vous avez
envie de faire pipi ? [...]
La méthode du retour aux sources de l’écriture n’esquive pas sa limite qui consiste à se
transposer dans l’histoire d’une autre bâtie dans l’empathie, mais sans voiler le point
de vue de la biographe. Or la biographe, ou plutôt ici la portraitiste, c’est Madeleine
Cottenet- Hage, une contemporaine des courants identitaires de notre époque, qui ne s’est
néanmoins pas départie d’une vision universaliste. [...]
Le manuscrit inachevé de Madeleine Cottenet-Hage se clôt deux ans avant l’irruption de la
Première Guerre mondiale, alors que sa protagoniste se retrouve seule face à son destin et
face à celui de l’Europe qui sombrera dans deux guerres mondiales auxquelles elle survivra
pour s’éteindre en 1945. Il nous la fait découvrir ou redécouvrir dans ses années de
jeunesse et de formation, nous permet de l’écouter, de la lire, de mesurer aussi ce que son
époque portait de tolérance plus tard estompée, et d’ouverture plus tard partiellement
refermée. Il serait légitime de lui rendre son rang parmi celles qui ont eu le courage de
vivre et d’écrire à contre-courant de leur temps, voire des temps à venir. Et il est juste
à présent de rendre hommage à des recherches littéraires et biographiques, comme celles de
Madeleine Cottenet-Hage, fruit d’un travail intuitif et méticuleux, et de permettre à des
lectrices et des lecteurs de reconnaître ce que l’époque pré et post-guerres mondiales put avoir de défricheuses de talents féminins. »
Extraits de la préface
LUCIE DELARUE-MARDRUS,
Surnommée « la princesse Amande »
Une figure polyvalente de la Belle Époque, poétesse, romancière, journaliste, historienne,
sculptrice et dessinatrice
Une provinciale, née à Honfleur, ancrée dans sa Normandie natale
Une femme-enfant qui s’entendait avec les enfants
Elle a rejeté la maternité et s’est identifiée à son père
L’épouse du Dr Mardrus, traducteur des Mille et une Nuits
L’amie de Colette
L’amante de Nathalie Barney
La première Française à explorer l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient
Une des autrices françaises les plus prolifiques mais aussi les plus méconnues.
Quatrième de couverture